Jean-Louis Borloo : « En matière de climat, l'Afrique est la chance de l'humanité »

Jeune afrique samedi 06 juin 2015 11:56

Grand invité de l’économie de RFI et de Jeune Afrique, l’ancien ministre français Jean-Louis Borloo expose son grand projet : mobiliser les chefs d’Etat pour financer l’électrification du continent d’ici à une dizaine d’années.

Sensibilisé à la question de la déforestation dans le bassin du Congo et de l’assèchement du lac Tchad lorsqu’il était ministre français de l’Ecologie (2007-2010), Jean- Louis Borloo a depuis travaillé sur la ques- tion du climat et de l’énergie de Casablanca à Maputo. Aujourd’hui retiré de la vie politique, il consacre la totalité de son temps au continent. Objectif : l’aider à faire passer son taux d’électrification de 30 % à « au moins 80 % » d’ici à une dizaine d’années grâce à un véritable plan Marshall.
Drame énergétique
« Actuellement, environ un tiers des Africains ont accès à l’énergie et la situation ne s’améliore pas. L’accroissement de la population – multipliée par cinq depuis 1950 – reste supérieur à l’augmentation de la capacité électrique. Cette situation n’est pas tenable, le continent est coupé en deux. Soit on lui donne un solide coup de main pour qu’il s’électrifie, soit il sera confronté à un risque majeur de déstabilisation. »
Une agence de l’électrification
« La fondation Energies pour l’Afrique [qu’il a mise sur pied en mars] est un lieu de dialogue, de confiance qui n’a pas vocation à perdurer en tant qu’outil. Les chefs d’Etat du continent doivent créer une agence africaine spécialisée de haut niveau, au service de tous les projets et de tous les pays, dirigée par une équipe locale. Il y a toutes les cométences pour cela. Il faut sortir de cette conception d’aide au développement, où l’Europe décide avec l’Afrique. »